Florilège

Vous trouverez, rassemblés ici, les poèmes qui parsèment ce site, plus d'autres, au gré de mes créations.

Renaissance
 Quand l'homme, fatigué, à l'orée de sa vie
Trouve enfin le repos du corps et de l'esprit
Ainsi qu'un papillon guidé par la lumière
Irrésistiblement, il retourne en arrière
Puis, sans fin, il regarde la terre où il est né
Et il découvre alors son infinie beauté

Ma maison natale

Ode à la Drôme
 Ô! toi, pays de mon enfance,
Collines aux courbes si douces !
Chaque fois qu'à vous je pense,
Je vois les galets, verts de mousse,
Roulant dans l'Herbasse
Où nous allions jouer l'été;
J'entends le coucou, aux derniers jours de mars,
Chanter du haut des châtaigniers;
Je sens l'odeur douce-amère
Des trompettes de la mort
Que, de son panier, ma mère
Tirait d'un lit de feuilles d'or
Et je salive à la pensée
De l'oseille
Et de la groseille
Que nous cueillions au potager.
Collines
Des berges de l'Isère à celles de la Galaure
Il est un paysage où mon coeur bat si fort
Un doux moutonnement de collines serrées
Pays de Barbe-Bleue et du Facteur Cheval
Où, dans chaque village, les maisons de galets
Se préparent en silence au dur temps hivernal
Pour mieux renaître un jour sous un radieux soleil
Parmi les chants d'oiseaux et le vol des abeilles.

 



 Le chêne
Aussi loin que je me souvienne,
Devant mes yeux se dresse un chêne
Que l'on voyait de la cuisine,
Planté en haut de la colline.
Il avait poussé là, je crois,
D'un gland abandonné ; Par quoi ?
Tout au creux d'un petit chemin,
A quelques pas d'un bois de pins.
Nous y allions aussi souvent
Que nous le permettait le temps,
Ou quand maman, bien fatiguée,
Voulait un peu se reposer.
Nous y fixions des balançoires
De fil de fer, bien dérisoires.
Il en gardait des cicatrices
Comme des marques de sévices.
Je revois ses feuilles piquantes
Qui souvent me griffaient les tempes
A chaque fois que je voulais
Me faufiler vers son sommet.
Là-haut, je dominais le monde,
Jetant des regards à la ronde.
Invincible je devenais
Rien n'aurait pu me terrasser.
Et, lorsque j'en redescendais,
Sur mes cuisses nues était gravée
L'empreinte dure de son écorce
Que frictionnaient mes mains de gosse.
J'y fus très souvent ligoté,
On m'y pendit même par les pieds.
Je me souviens que, sous ses branches,
Je fus enterré jusqu'aux hanches,
Mes frères, riant aux éclats,
Faisant mine de me laisser là.
J'ai dû m'en aller, à sept ans,
Après la mort de mes parents,
En emportant le souvenir
De ce bel arbre et de nos rires,
Gardant en moi la nostalgie
De nos jeux dans mon coeur meurtri.
J'y suis retourné, récemment.
Mais tout a changé à présent.
Notre coteau est tapissé
De villas neuves endimanchées.
Du chêne, plus aucune trace,
Des jardinets ont pris sa place,
Dans lesquels des hommes ont planté
Des arbres aux noms bien compliqués
Qui ne pourront pas remplacer
Le bon vieux chêne de mon passé !
Valence
Quand les Romains, naguère, bâtirent la cité
Deux siècles avant notre ère, pour leurs soldats usés
Ils n'imaginaient pas que 22 siècles après
Elle serait toujours là, bien qu'un peu transformée,
Ouvrant tout grands ses bras à ceux qui veulent l'aimer.
 
Vercors
Falaises !
Vous m'effrayez, ah çà !
Et vous me fascinez.
Foutaises !
Vous n'arrivez même pas
A vous gratter les pieds !

 
Chaleur
Sur un brin de lavande, un criquet crécelait
A l'heure où le soleil au couchant rougeoyait.
Puis, soudain il s'arrête, se frotte un peu les yeux
En découvrant le ciel brûlant de mille feux.
Il lui faut, dès ce soir, trouver une compagne
Car le Mistral, demain, courra dans la campagne.
 
 La rivière
 
Elle en a des choses à dire
La Drôme qui s'étire
Du Claps jusqu'à Livron.
Allons, applaudissons !
Car, qui? mieux que cette rivière,
Même sans en avoir l'air
Vous accompagne en douce
Où la route vous pousse...
Allez ! piquez une tête
Dans son eau gris-bleuté
Et buvez la Clairette
Lorsque vous pique-niquez !

Le crabe

C'est un salaud, au regard sournois.
La preuve, il ne marche jamais droit !
Il reste tapi dans son coin,
Guettant sa proie, parfois sans fin.
Quand il jaillit de sa rocaille,
Il lui dévore les entrailles.
Je le hais tant, ce fumier
Qui est en train de me bouffer !

Le bout du chemin

Voilà, j'arrive au bout du chemin.
Je m'assieds sur une souche de pin
et je regarde autour de moi.
Je bois tout ce que mes yeux voient.
Une mésange charbonnière
Zinzinule près de la rivière.
Je l'observe un petit moment
Plonge la main dans le courant.
Toute cette eau...
C'est la vie qui file entre mes doigts !
J'avais très chaud
Et voilà que soudain j'ai froid...

Surprise

Ce matin, au réveil, quand j'ai poussé ma porte,
Un immense soleil inondait le ciel pur.
Tous les oiseaux chantaient, dans le vent qui emporte
Avec lui les derniers froids d'hiver dans l'azur.

Et mon coeur, sans raison, a frappé bien plus fort
Dans ma poitrine ouverte aux parfums, à l'air pur.
Une indiscible envie de courir au dehors,
Par le pré, m'a conduit au ruisseau qui sussure.

Le printemps était là, venu sans faire de bruit.
Une odeur de lilas flottait dans la verdure
Et j'entendais, tout bas, la douce mélodie
De l'eau qui, devant moi, chuintait dans un murmure :

"C'est si doux ce soleil, ce ciel sans écorchure !
Je joue, je ris, j'éveille un chant doux et obscur,
Un si sage conseil qui sans cesse rassure
Les oiseaux, les abeilles, volant dans la ramure..."



Le scootériste

Vois comme il est fier
Le vieux sur son scooter !
Il file le nez au vent,
On lui voit toutes les dents.

Certains motards le saluent,
Pour d'autres, c'est exclu,
Dame ! il n'a pas son permis
Ce n'est qu'un apprenti !
Mais lui, il s'en moque,
Jamais rien ne le choque.
Pourvu
que, chaque jour,
Il fasse son petit tour.
Le réflex pendu au cou,
Il scrute l'horizon.
Il cherche un endroit d'où
Le point de vue est bon.
Voilà, c'est ici !
Pas dix mètres plus loin.
Il gare son taxi
Près d'une botte de foin.
Puis il prend ses photos
Debout, couché sur sa veste.
Le paysage est si beau
Que c'en est une fête.
Il shoote à tour de bras
Cela n'en finit pas...
Il faut pourtant rentrer,
Le soleil est couché.

Vois comme il est ravi,
Le vieux sur son scooter,
Il ramène chez lui
Un trésor de lumière !